Endométriose, TDAH et histamine : un lien neuro-inflammatoire encore méconnu
Endométriose : une maladie systémique neuro-immuno-hormonale encore sous-estimée
L’endométriose est depuis plusieurs années considérée comme une pathologie “de la femme”, appartenant à la seule sphère gynécologique.
Et pourtant… cette vision est aujourd’hui dépassée.
S’il s’agit bien d’une pathologie majoritairement présente chez les femmes (bien que des cas masculins existent), l’endométriose doit désormais être comprise comme une maladie systémique, impliquant des interactions complexes entre le système nerveux, le système immunitaire et le système hormonal.
Une maladie qui dépasse largement la sphère gynécologique
Réduire l’endométriose à une simple atteinte pelvienne revient à ignorer l’ampleur de ses manifestations.
Dans la pratique clinique, on observe fréquemment des associations avec :
- Troubles émotionnels :
anxiété
dépression
hypersensibilité émotionnelle
- Troubles neurocognitifs :
trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)*
troubles du spectre autistique*
- Troubles digestifs :
syndrome de l’intestin irritable
maladies inflammatoires chroniques de l’intestin
- Troubles immunitaires :
réactions cutanées (urticaire, eczéma)
inflammations ORL chroniques
hypersensibilité à certains aliments ou médiateurs (comme l’histamine)
- Troubles hormonaux :
syndrome prémenstruel (SPM)
trouble dysphorique prémenstruel (PMDD)
déséquilibres œstrogéniques
Le point commun : une inflammation systémique
Le lien entre ces différentes manifestations ? L’inflammation chronique de bas grade
Mais pas seulement.
Les recherches actuelles mettent en évidence une interaction constante entre :
inflammation
système nerveux
système immunitaire
système endocrinien
Histamine, mastocytes et œstrogènes : un cercle vicieux
Comme l’explique le Dr Jolene Brighton, spécialiste en endocrinologie naturopathique, nutritionniste et elle-même atteinte d’endométriose et de TDAH : Les lésions d’endométriose contiennent des mastocytes, cellules immunitaires capables de libérer de l’histamine.
Cette histamine :
stimule la production d’œstrogènes
et les œstrogènes, en retour, augmentent la libération d’histamine
À cela s’ajoute un mécanisme clé : les œstrogènes diminuent l’activité de l’enzyme DAO (diamine oxydase), responsable de la dégradation de l’histamine.
Résultat : un cercle vicieux histamine ↔ œstrogènes, favorisant inflammation, douleurs et hypersensibilité.
Endométriose et TDAH : vers une compréhension intégrative
Plusieurs hypothèses scientifiques tentent aujourd’hui d’expliquer le lien entre endométriose et troubles neurodéveloppementaux :
Neuro-inflammation :
L’inflammation chronique pourrait altérer le fonctionnement cérébral et participer aux symptômes du TDAH
(Dunn et al., 2019)
Axe œstrogènes – dopamine :
Les fluctuations hormonales influencent directement la dopamine, neurotransmetteur clé dans le TDAH.
Une approche intégrative et individualisée
Chaque femme atteinte d’endométriose présente un profil unique.
C’est pourquoi une prise en charge adaptée doit prendre en compte :
le terrain neuro-émotionnel
les déséquilibres hormonaux
l’état inflammatoire
le système digestif
l’histoire de vie
C’est dans cette vision globale que s’inscrit mon accompagnement, à la croisée de la nutrition, de la phytothérapie et de la régulation psycho-émotionnelle.
* Une étude de cohorte suédoise portant sur plus de 850 000 femmes a notamment montré une association bidirectionnelleentre endométriose et TDAH :
les femmes atteintes d’endométriose présentent un risque accru de TDAH, et inversement. (Gao et al., 2020)