TDAH et cycle menstruel : un cerveau sensible aux variations hormonales
De nombreuses femmes atteintes de TDAH décrivent une expérience récurrente au fil du mois : certains jours, tout semble plus fluide ; à d’autres moments, la concentration diminue, les émotions deviennent plus intenses, la fatigue s’installe, des troubles du sommeil, une augmentation de l’hypersensibilité et de l’anxiété et une impulsivité qui augmente.
Et si ces variations n’étaient pas liées à un manque de volonté, mais à l’interaction entre le cerveau et les hormones ?
Un cerveau sensible aux fluctuations hormonales
Le TDAH est étroitement lié à des déséquilibres dans certains neurotransmetteurs, notamment la dopamine.
Or, les hormones sexuelles — en particulier les œstrogènes — influencent directement ces systèmes.
Comme l’explique le Dr Jonathan Moussard, les œstrogènes favorisent la production et l’action de la dopamine et de la sérotonine.
> Conséquence :
lorsque les œstrogènes augmentent → les symptômes du TDAH peuvent s’atténuer
lorsqu’ils chutent → les symptômes peuvent s’intensifier
Plusieurs travaux suggèrent ainsi que les fluctuations hormonales du cycle menstruel peuvent moduler l’intensité des symptômes du TDAH*
Les moments les plus sensibles du cycle
Le cycle menstruel n’est pas linéaire. Du point de vue clinique, deux périodes semblent particulièrement importantes :
La première survient autour de l’ovulation. Les œstrogènes montent progressivement pendant la phase folliculaire, culminent juste avant l’ovulation, puis chutent rapidement après.
La seconde correspond à la phase prémenstruelle, lorsque les taux d’œstrogènes redescendent à nouveau. Eng et al. soulignent que ce sont justement ces baisses rapides d’estradiol qui pourraient être les plus problématiques pour les femmes concernées par le TDAH**
Ces baisses rapides d’estradiol semblent être les moments les plus vulnérables pour les femmes atteintes de TDAH.
Le rôle des circuits cérébraux
Dans le TDAH, deux systèmes sont particulièrement impliqués : le cortex préfrontal et le système mésolimbique (système de récompense).
Le cortex préfrontal est impliqué dans :
l’attention
les fonctions exécutives
la régulation émotionnelle
Sa dysrégulation entraîne distractibilité, difficultés d’organisation et instabilité émotionnelle.
Le système mésolimbique (récompense) est impliqué dans :
la motivation
la recherche de plaisir
Une diminution de l’activité dopaminergique peut conduire à une baisse de la sensation de récompense et à une recherche accrue de stimulation.
> Ce qui peut se traduire par :
Des comportements impulsifs
Une recherche de nouveauté
Une difficulté à rester engagé dans des tâches peu stimulantes
Ce que cela change dans l’accompagnement
Comprendre ce lien permet déjà de déculpabiliser.
Non, ce n’est pas “dans la tête”.
Non, ce n’est pas un manque de discipline.
Pour certaines femmes, les performances cognitives, émotionnelles et attentionnelles fluctuent réellement selon les phases du cycle.
J’ai écrit cet article pour que les femmes puissent mieux comprendre comment fonctionne leur corps et adapter leur vie en fonction :
repérer les périodes de vulnérabilité
alléger la charge mentale à certains moments
adapter l’organisation du mois
suivre les symptômes en lien avec le cycle
discuter avec un professionnel si un ajustement thérapeutique semble utile
Les travaux de de Jong et al. insistent d’ailleurs sur l’importance d’une approche individualisée, tenant compte du cycle, plutôt que standardisée***
Une approche globale
En consultation de naturopathie, je propose un accompagnement dans ce sens, en prenant en compte l’ensemble des dimensions du fonctionnement : physiologique, émotionnelle et environnementale.
Chaque accompagnement est individualisé, avec des outils issus de la psycho-nutrition, des plantes médicinales et des approches psycho-émotionnelles.
Si vous souhaitez être accompagné sur ces sujets, retrouvez toutes les informations ici
Les références scientifiques :
*https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38039899/
*https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0306453017312635?utm
**https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38039899/
***https://www.frontiersin.org/journals/psychiatry/articles/10.3389/fpsyt.2023.1306194/full